Le sachez tu !? :o Chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

Le sachez tu !? :o Petite chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

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mercredi 3 juin 2020

Le sachez tu !? 😮 Jerrycan : l'ingénieur Vinzenz Grünvogel fait secrètement fabriquer, en 1936, par la firme Müller Maschinen, de Schwelm, en Westphalie, un bidon de 20 litres destiné à donner plus d'autonomie aux Panzerdivisionen.
Il est baptisé Wehrmachtkanister (bidon de la Wehrmacht ), mais les alliés le copient vite et le nomme " Jerry Can", bidon de Jerry, Jerry étant le surnom donné aux allemands par les britanniques.
Jerry commence en effet comme German, et d'autre part, un jerry est le nom des pots de chambre en anglais car ils pouvaient contenir un "Jeroboam" (jerry), soit 3 litres, or les anglais trouvaient que le casque allemand ressemblait à un pot de chambre.
Ci dessous :
Fantassin allemand en sous vêtements lisant " Das Reich" assis sur un Bidon Wehrmachtkanister .
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jeudi 28 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 "Erckmann-Chatrian" : pour ceux qui ont suivi le chapitre précédent de la chronique, ils reconnaîtront là, comme dans le duo Boileau-Nacejac, un autre tandem célèbre de la littérature française.
J'ai longtemps cru, à cause du trait d'union, qu'il s'agissait d'un auteur unique, alsacien, de surcroît, à cause du célèbre roman patriotique " l'ami Fritz" : il n'en est rien, il s'agit bien de deux amis Lorrains, Émile Erckmann né en 1822 et Alexandre Chatrian, (le chevelu) né lui en 1826, dans la partie de l'ancien département de la Meurthe, devenu allemand en 1871.
Les deux écrivains font connaissance en 1847, à 24 et 21 ans, et c'est le début d'une amitié fructueuse et prolifique de plus de 40 ans...
Malheureusement, comme les histoires d'amour, les histoires d'amitié finissent mal (en généraaal...).
En 1886, Chatrian est atteint de troubles nerveux, et déclare à Erckmann qu'il payait des "nègres" sur leur compte commun.
Il meurt en 1890, mais leurs très nombreux romans fantastiques ou patriotiques, plein d'une poésie charmante, nous restent aujourd'hui.
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Le sachez tu !? 😮 Sympathie : signifie à l'origine "souffrir avec " puisque ce mot vient du grec "σ υ μ π α ́ θ ε ι α" qui peut être décomposé en sym, σ υ ́ ν "ensemble" et de πάθη, pathê, "souffrance".
On retrouve le radical "pathe" dans les affections comme : névropathe, psychopathe, sociopathe...
ou encore dans les sciences telles que homeo (même) pathie (maladie), osteo(os) pathie...
Le préfixe sym (avec, ensemble) se retrouve, lui, dans :
- symphonie (ensemble + phone, son)
- symbiose (ensemble + bio, vie)
- symposium ( ensemble+festin)...
- symétrie (même + mesure)
ou un prénom comme "Symphorien" ( avec+porteur, phoros, donc compagnon)
Sympathie a un antonyme : anti-pathie.
De même, celui qui n'a aucune souffrance, aucune émotion est :
"a-pathique"...
A l'opposé, celui qui est παθητικός, pathêtikos, pathétique, au contraire, provoque la souffrance et émeut.
En peinture, trouver une représentation de la sympathie est évidemment (une fois de plus !) une gageure ( attention ! ce mot se prononce bien gaJÜre et non gajeure, sous peine d'élimination 😉 ).
Mais, comme je fais ce que je veux, et c'est là mon privilège, j'ai choisi un tableau bien sympathique de
Charles Burton Barber (1845–1894), un peintre britannique qui eut du succès avec ses peintures d'enfants et leurs animaux de compagnie.
D'aucuns qualifieront ce type de peinture de " mièvre", mais la mièvrerie à son côté sympathique, parfois.
Ce tableau s'intitule "Compulsory Education" et date de 1890;
on traduira par "lecture forcée" et oui, "compulsory" est un "faux ami" et ne signifie pas compulsivement 😉
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e sachez tu !? 😮 Boileau-Narcejac : ce tandem de noms vous dit quelque chose ? Pierre Louis Boileau et Pierre Ayraud, dit Thomas Narcejac, nés l'un en 1906 et l'autre en 1908, publiaient chacun de leur côté dans la collection "Le Masque" des romans policiers à succès.
Ils se rencontrent en 1948, lors d'un dîner organisé par Albert Pigasse, le fondateur des éditions "Le Masque" et décident d'écrire ensemble, mais par correspondance (pas d'internet en 1948 !...).
S'en suit donc une très fructueuse collaboration, de presque 40 ans, jusqu'au décès de Boileau en 1989.
Beaucoup de leurs romans ont été adaptés par de célèbres réalisateurs comme H.G. Clouzot pour "Les diaboliques", Hitchkock pour " Vertigo" (sueurs froides) ou "Les Victimes", de Patrick Grandperret .
Pierre Boileau inventait l'intrigue et Thomas Narcejac écrivait.
Il existe même une série excellente de policiers pour enfants, les " sans Atouts"..
Narcejac est resté professeur de français jusqu'en 1968, tout en écrivant en parallèle des essais sur la littérature.
Ci dessous : photos de Boileau et Narcejac à 30 ans d'intervalle...
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Le sachez tu !? 😮 symposium vient du latin symposium issu du grec συμπόσιον, sympósion (banquet).
Dans l'antiquité, le symposion, correspondant aujourd'hui au dessert, était la partie du banquet pendant laquelle un groupe restreint de convives buvaient et discouraient sur un sujet.
Συμπόσιον, Sumpósion (noter que le y n'existe pas en grec, puisque c'est une annotation des romains pour un son Ü n'existant pas en latin) est un texte de Platon écrit vers 380 avant Jésus Christ et constitué d’une série de discours sur l’amour.
Le mot équivalent "colloque" vient du latin colloquium (entretien) constitué de co + loquo : je parle avec.
Anselm Feuerbach, Le Banquet de Platon, 1869, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe (Allemagne) : le moment du Banquet de Platon ou Alcibiade fait irruption chez Agathon et va faire l'éloge de Socrate.
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mardi 26 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 Symbole : à l’origine, un symbole était un objet coupé en deux, dont deux hôtes, les ξένοι, xenos, conservaient chacun une moitié.
Les deux parties rapprochées servaient à faire reconnaître les porteurs et à prouver les relations d'hospitalité contractées antérieurement (φιλότης, philotes, amitié).
Le mot "Symbole" vient du verbe grec συμβάλλω, sumballô, (con-tribuer), composé de σύν, sun ( ré-union) et de βάλλω, bállô, je jette.
En peinture, les notion abstraite telle que la résurrection, la vacuité des biens de ce monde, la fuite du temps sont évoquées par des symboles, particulièrement dans les peintures appelées " vanités".
La vanité des biens de ce monde est symbolisée par les étoffes précieuses, coquillages, bijoux, pièces de monnaie, pièces d’orfèvrerie, tulipes...
Les armes, les couronnes et les sceptres symbolisent le pouvoir.
Les livres et les instruments scientifiques renvoient à la vanité de la connaissance.
Les sculptures, tableaux, instruments de musique qui se révèlent être des arts vains.
Le vin, la pipe, les cartes à jouer et les dés figurent les plaisirs.
Exemple de "vanité" :
L'allégorie des vanités du monde de Pieter
Boelo Rosenberg
1663
Dans église abandonnée, on remarque une accumulation de symboles :
- des arts : violon, vielle, tambourin, chevalet,palette, sculptures..
- de la gloire : sabre, carquois, flèches, cuirasse...
- du pouvoir temporel : coiffe musulmane, cape d'hermine
- du pouvoir spirituel : tiares, crosse
- de la richesse : argent et or, fourrure et étoffes précieuses
- de la connaissance : globe et livres..
Le tout est amassé, entassé en désordre en une construction pyramidale au haut de laquelle surplombe ironiquement un crâne couronné de laurier.
Ce crane, juché en haut de ce fatras de symboles, et le cercueil à l'arrière plan donnent toute sa signification à l’œuvre.
À droite, un cercle de fer, sans commencement ni fin, symbolise l’éternité.
À l'arrière plan, le sarcophage porte l'inscription : Vanitati S, sacrifice de la Vanité.
Ce tableau représente donc un personnage défunt, dont on ne connaîtra même pas le nom, ayant accumulé une masse de richesses, pouvoir et de connaissances, mais n'en étant pas moins mort... 😉
207,5 Hauteur × 260 cm largeur
École d'Anvers
Collection de peintures du palais des Beaux-Arts de
Lille
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mardi 19 mai 2020

Le sachez tu !? :O Clepsydre : quel est le rapport entre un appareil à mesurer le temps, et une femme qui ne peut s'empêcher de voler ? Clepsydre est composée de κλεψύδρα "klepsýdra" du verbe κλεπτείν, klepteín (dérober) et de ὕδωρ hýdôr (eau), que l'on retrouve dans le coton qui aime l'eau, hydrophile.
La clepsydre mesure le temps non avec du sable mais avec de l'eau qui s'écoule d'un vase dans un autre. Dans cleptomane on retrouve κ λ ε ́ π τ ω klepto, voler et μανια, mania, folie. Rien à voir, donc, avec l'argot cleps qui vient de l’arabe kelb, (chien) ni avec le cidre, qui vient du grec sikera σῑ́κερᾰ, et de l'hébreu shakhár, (s'enivrer) :p ! Ci dessous, une "Vanité", genre pictural représentant la fugacité du temps qui passe, où les symboles sont souvent des sabliers, des crânes, des bougies consommées, des fleurs qui sont si vite fanées. Philippe de Champaigne (1602-1674), Vanité 1671 huile sur panneau de bois 28 cm X 37 cm musée de Tessé Le Mans TOUS DROITS RÉSERVÉS© Cette étymologie, et plus de 200 autres, est à retrouver sur : - la page Face Book " Le sachez tu !? 😮 " https://www.facebook.com/Le-Sachez-tu-O-Chronique-%C3%A9tymologique-et-culturelle-106236634209640 - et sur le blog : www.country-connection.fr