Le sachez tu !? :o Chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

Le sachez tu !? :o Petite chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

Les articles classés par dates :

samedi 16 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 Pedigree est un mot importé de l'anglais vers 1828. Mais c'est un des nombreux mots français qui ont fait la navette puisque pedigree vient du français "pied de grue" en raison de la forme des arbres généalogiques.
Ci dessous le portrait attendrissant d'un chien sans pedigree, mais certainement très affectueux
The Old Shepherd's Chief Mourner (1837)
de Edwin Henry Landseer (1802–1873) qui a peint de très nombreux chiens
45.7 cm x 60.9 cm
Victoria and Albert Museum
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mercredi 13 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 Peccadille vient de l’espagnol pecadillo "petit péché", diminutif de "pecado", péché, du substantif latin peccatum, lui même issu du verbe pecco "je faute".
Pecco est apparenté à pes, pedis "pied" et pedico "piéger","faire un faux pas".
Le sens de peccadille à évolué au fil du temps en "petite chose sans importance"...
Une peccadille est donc initialement un péché "véniel" du latin venialis, pardonnable, venia étant le pardon.
Le péché véniel est à opposer aux 7 péchés capitaux :
Colère, Avarice, Envie, Orgueil, Gourmandise, Paresse, Luxure.
Ci-dessous, un tableau de Vicenzo Campi, (Crémone, 1536 -1591) figurant la gourmandise :
"I mangiatori di ricotta " "Les mangeurs de Ricotta" vers 1580,
huile sur toile, musée des Beaux-Arts de
Lyon
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dimanche 10 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 Coquelicot vient de l'onomatopée "cocorico" par analogie avec la crête du coq à laquelle la fleur fait penser.
En effet, en ancien français, l'onomatopée coquelicoq désignait le coq.
Ci-dessous, 3 des différentes interprétations de coquelicots de Claude Monet :
la plus célèbre, galvaudée sur les boites de chocolats, date de 1873, les deux suivantes de 1875 et 1879.
Au premier plan Camille Doncieux, avec son ombrelle, l'épouse-modèle, et leur fils Jean, né en 1867, âgé de six ans.
Il faut remarquer que ce même couple figure aussi à l'arrière plan, en haut à gauche : à nouveau Camille en noir avec chapeau et Jean dans même tenue avec son petit chapeau de paille à ruban rouge.
Monet a choisi d'évoquer le mouvement des promeneurs en les représentant à deux moment de la promenade, descendant le talus couvert de fleurs.
Camille mourra d'un cancer à 32 ans, 6 ans après cette promenade
Huile sur toile
50 × 65 cm
Musée d'Orsay
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mardi 5 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 "Vademecum" : avant d'être une marque de dentifrice, un vademecum désignait un petit carnet d'informations de voyage que l'on emportait avec soi.
Effectivement, ce mot est issu d'une location latine signifiant :
"viens ( vade) me cum (avec moi)".
L'impératif "Vade" se retrouve dans "Vade retro Satanas" (recule Satan) locution évoquant une autre forme de voyage !...
Le voyage a toujours été une source d'inspiration féconde pour les grands écrivains :
Chateaubriand écrit en 1811 son "Itinéraire de Paris à Jérusalem", Lamartine relate son voyage en Orient en 1832, Dumas décrit la Suisse en 1832 dans " Impressions de voyage", Alfred de Musset et George Sand racontent leur visite de Venise en 1833, Victor Hugo décrit son voyage au bord du Rhin en 1842, Gérard de Nerval écrit son "Voyage en Orient" en 1851, Théophile Gautier décrit "l'Orient" turc en 1893, pendant que Paul Gavarni peint les Pyrenées.
John Murray lance en 1836 la première collection de guides touristiques couvrant toute l’Europe
Karl Baedeker publie également vers 1836 un petit guide léger pour les voyageurs allemands, toujours très vendu aujourd'hui.
Gravure ci-dessous :"Diligence française versant dans un précipice"
Lithographie gravée par Jean Pierre Marie Jazet (1788-1871)
d’après une peinture d’Hippolyte Lecomte (1781-1857)
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dimanche 3 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 " Laudanum" : Quel est le rapport entre Laudanum et les prières des Laudes !?
Le laudanum est une préparation inventée par le médecin suisse Paracelse, au XVI°.
"Laudanum" est un néologisme forgé par Paracelse.
Le mot vient du latin laudo, laudare « louer, vanter » et également de "ladanum" qui est une huile de fleurs odorantes, les cistes.
Le laudanum est une teinture alcoolique d'opium, très addictive, issue du pavot somnifère et prescrite dans le traitement des diarrhées chroniques, mais prise comme drogue au XIX° siècle.
Les laudes, elles, sont les prières du matin, célébrant la résurrection du Christ et où l'on chante ses "louanges".
Grand consommateur de laudanum, le poete Antonin Artaud oscilla entre folie et génie. Traité à l’arsenic et au mercure pour ses troubles nerveux, il eut recours au laudanum pour soulager ses douleurs et " libérer l'esprit", ce qui ne fit qu’aggraver son mal-être.
Antonin Artaud fut enfermé neuf ans à l'asile psychiatrique de Rodez, et traité régulièrement aux électrochocs qui le laissaient exsangue et abruti .
Cet auto-portrait à la mine de plomb, d'Antonin Artaud est daté du 17 décembre 1946 et il a été adjugé plus de 2 millions d'€ à un collectionneur français, Marcel Brient.
Mais, classée trésor national par le Ministère de la culture, l’oeuvre ne peut plus quitter le territoire français.
Il faut noter évidemment l'intense regard, triste et désabusé, dans le visage usé, ridé et émacié du peintre poéte, qui mourra deux ans plus tard à 52 ans.
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vendredi 1 mai 2020

Le sachez tu !? 😮 "Arcane" vient du latin arcanus "caché", issu du verbe latin arceo "je cache" et de arca "boite", issus eux-mêmes, de l’indo-européen arka, "boite", à rapprocher du grec ἀρκέω, arkéô "écarter".
(ne pas confondre avec ἀρχαῖος, arkhaîos signifiant ancien).
Un exemple en littérature :
-"Mon cher ami, Votre article m'a fait le plus grand plaisir. Vous êtes entré dans les arcanes de l'œuvre, comme si ma cervelle était la vôtre". Flaubert, lettre à Charles Baudelaire 1857
La boîte la plus connue de l'histoire des arts est évidemment celle de Pandore, souvent représentée en peinture et en sculpture.
Πανδώρα Pandora (pan : tout, Dora : dons) fut dans la mythologie grecque, comme Eve dans la bible, la première femme humaine, façonnée dans l'argile sur ordre de Zeus, par Héphaïstos, le dieu du feu, et la déesse
lui donna l'intelligence.
Or, si, comme pour la belle au bois dormant, les Dieux de l'Olympe lui donnèrent tous un don, Hermès vint en dernier et lui donna la curiosité et la jalousie, vices bien connus pour être exclusivement féminins ! ...( 😉 )
Quant à la boite, c'était, en fait, une jarre.
Pour se venger de Prométhée, le voleur de feu, Zeus offrit Pandore comme épouse à Épiméthée, frère de Prométhée, ainsi qu'une boîte mystérieuse que Zeus interdit d'ouvrir, comme Dieu avait interdit à Eve de manger la pomme dans le jardin d'Eden...
La boîte-jarre, elle, contenait les dix maux de l'humanité :
la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion et l'Orgueil.
Hélas, comme Eve, et comme l'épouse de Barbe Bleue, Pandore pouvait "résister à tout, sauf à la tentation", selon la formule de Sacha Guitry...
La curiosité féminine étant trop forte, Pandore ouvrit la boîte interdite et laissa s'échapper tous les maux de la terre, sauf l'Espoir.
Ci-dessous, 4 visions contemporaines de Pandora et de sa mystérieuse boîte :
celles de Charles Edward Perugini, (1839 - 1918)
de François Benjamin-Constant (1845 - 1902)
de John William Waterhouse (1849 - 1917)
de Alexandre Cabanel (1823 -1889)
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mercredi 29 avril 2020

Le sachez tu !? 😮 Glycine : quel est le rapport en glycine, glycémie, glycérol, glucose ? Ils viennent tous du grec γλυκoς, glukos "sucré"
Le Y en grec se prononce U (et allemand aussi).
Le suffixe -ine sert à former les mots des substances chimiques comme Aspirine, Atropine, Caféine, Cocaïne, Nicotine...
Le suffixe -ose fait référence aux molécules de carbone.
Le suffixe -émie, du grec αἷμα, haîma "sang", exprime le rapport d'une substance dans le sang : alcoolémie, anémie, insulinémie, leucémie...
Le nom générique de la glycine est le "Wisteria", hommage du botaniste américain Thomas Nuttall (1786 –1859) à l'anatomiste américain Caspar Wistar (1761-1818) originaire de Philadelphie.
On peut manger les fleurs de glycine en beignet, en gelée, en salade, en tisane...ou en décorer ses plats (mais les feuilles, comme souvent, sont toxiques)
Étude de Glycine Claude MONET Huile sur toile Paysage 1919 exposée au Musée Marcel Dessal de Dreux
Ces glycines ornent le pont japonais au-dessus du bassin des nymphéas, dans la propriété de Claude Monet, à Giverny.
Fasciné par l’Asie, passionné par les fleurs, le peintre-jardinier avait fait venir ces arbustes aux grappes de fleurs mauves depuis la Chine.
Cette œuvre, moderne et lumineuse, est une des rares peintures de Claude Monet à n’avoir pas été vernie, d’où ses couleurs encore éclatantes.
Le fond du tableau est dans les tons violets alors que les fleurs sont représentées en vert : un tour de passe passe pour l'oeil qui reconnait néanmoins tout de suite des glycines mauves.
Cette œuvre préfigure le mouvement de la peinture abstraite : les grappes de fleurs sont effet juste suggérées, évoquées par les touches de couleur.
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