Le sachez tu !? :o Chronique Ă©tymologique et culturelle par Laurence Chalon

Le sachez tu !? :o Petite chronique Ă©tymologique et culturelle par Laurence Chalon

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lundi 25 janvier 2021

Le sachez tu !? 😼 "Les Deux SƓurs" ou "Sur la Terrasse" : Auguste Renoir

 Le sachez tu !?

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"Les Deux SƓurs" ou "Sur la Terrasse" : Auguste Renoir peint ce tableau frais et trĂšs colorĂ© Ă  Chatou, en avril 1881 Ă  son retour d'AlgĂ©rie.
La terrasse du restaurant " Fournaise" est moins reconnaissable que dans le "DĂ©jeuner des Canotiers" (1880).
Elle est bordée d'une balustrade en fer forgé, un peu différente, qui limite l'espace et contribue à créer un univers intime et protecteur.
La balustrade, coupant la toile en deux, protĂšge Ă©galement ces jeunes filles de l'eau, au loin, qui peut ĂȘtre dangereuse car les noyades sont frĂ©quentes.
En 1843, c'est dans cette Seine que s'est noyée accidentellement, à 19 ans, Leopoldine Hugo, fille de Victor. Ce fait divers a été traumatisant pour l'opinion publique de l'époque.
Or, 19 ans, c'est à peu prÚs l'ùge de l'aßnée. L'arriÚre plan, fleuri et tout en teintes pastelles, donne à l'ensemble une impression de douceur délicate et charmante. Les deux soeurs, sages et réservées, esquissent, à peine, un sourire discret, presque distant pour la plus grande.
Elles sont diffĂ©rentes et cependant semblables ( cheveux, carnation, expression), comme si l'on voulait nous laisser deviner l'avenir, par le portrait, sur une mĂȘme toile, d'une mĂȘme personne ayant grandi. Sage elle Ă©tait, sage elle est restĂ©e... La plus petite nous regarde intensĂ©ment. Elle a un tablier blanc par-dessus un col bleu.
A noter les rappels de ce bleu : les yeux limpides de la petite, ses fleurs, les reflets de la robe noire de la plus grande et à l'arriÚre plan, les reflets la Seine, en touches discrÚtes. L'aßnée, serrée dans une robe modeste, est coiffée d'un chapeau rouge vif à large bord.
Cette tache centrale attire l'oeil, elle est rappelĂ©e par une tĂąche rouge de mĂȘme nuance mais plus petite, sur le chapeau fleuri de la petite soeur...
Un peu comme une beauté en devenir...Les jolies mains de la plus grande sont croisées dans une attitude posée et calme, contribuant à une sensation de sérénité, une atmosphÚre juvénile et charmante.
A l'arriĂšre plan, on distingue Ă  peine, Ă  travers les branches et les fleurs printaniĂšres, des barques Ă©voluant doucement sur les reflets brillants de la Seine ( Ă©couter le clapotis que font les rames sur l'eau ).
La plus grande des deux modÚles de Renoir, serait, semble t il, selon l'expert Francois Daulte, Jeanne Darlot, ùgée sur ce tableau de dix-huit ans.
Jeanne deviendra plus tard actrice au ThĂ©Ăątre Gymnase oĂč elle jouera d'abord des seconds rĂŽles dans les comĂ©dies.
Devenue actrice et célÚbre, Jeanne aura souvent sa photographie dans les journaux.
Plus tard, elle débutera à la Comédie Française, mais sa carriÚre théùtrale n'aura pas la suite qu'elle aurait souhaité.
Elle ne se mariera pas et deviendra la maĂźtresse d’un fabricant de chocolat, et plus tard celle d’un sĂ©nateur.
L.C