Le sachez tu !? :o Chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

Le sachez tu !? :o Petite chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

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mardi 8 décembre 2020

Le sachez tu !? :O la "bayonnette" aurait été inventée à Bayonne,

 Le sachez tu !?

😮 Baïonnette : la "bayonnette", puis "baïonnette", aurait été inventée à Bayonne, selon plusieurs auteurs, pour repousser les troupes du prince d’Orange et de l’empereur Charles Quint, lors du siège de Bayonne de 1523.
Les Bayonnais, à court de poudre, auraient adapté un système pratiqué déjà par les chasseurs de sanglier, utilisant leur couteau de chasse fixé au canon, une fois leur coup unique tiré.
Cet équipement de corps à corps se répandit ensuite rapidement dans les armées et, en 1642, dans ses " Mémoires historiques et militaires sous Louis XIII et de la minorité de Louis XIV", Jacques de Chastenet de Puységur note : « Quand je commandais à Ypres (...) les soldats ne portaient point d’épée mais avaient des bayonnettes qui avaient des manches d’un pied de long et des lames aussi longues, propres à (se) mettre (sur) les canons des fusils pour se défendre quand quelqu’un voulait venir à eux après qu’ils avaient tiré » (source : "Association Française des Collectionneurs de Baïonnettes" sic!)
Pour être exhaustive, j'ajouterais que Bayonne, au bord de l'estuaire de l'Adour, tient son nom de deux mots basques : « (i)baï » ( port ) et « ona » ( bon ).
C'est le comte de Mirabeau qui fixa à jamais la baïonnette dans nos souvenirs d'écoliers, en apostrophant ainsi le marquis de Dreux-Brézé dans salle du Jeu de paume, le 23 juin 1789 :
« - Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. »
Last but not least, ( enfin mais non des moindres 😉 )
"La Baïonnette" fut un hebdomadaire satirique de caricatures qui parut de 1915 à 1920, pour soutenir et faire rire les troupes en guerre puis consoler les démobilisés.
C'était, dans l'esprit franchouillard, l'ancêtre du Canard enchainé et de Charlie Hebdo.
Ci dessous, le numéro du 27 janvier 1916.
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dimanche 6 décembre 2020

St Nicolas, était l'évêque de Myre

 Le sachez tu !?

😮 Joyeuse Saint Nicolas à tous les
Nicolas
Nicolas
😉
St Nicolas, était l'évêque de Myre, aujourd'hui Mira, entre Izmir et Antalya en Turquie, curieuse citée troglodyte grecque.
St Nicolas est né vers 270 et mort, torturé en tant que chrétien, en 345 à Myre où son tombeau est un lieu de pèlerinage.
Selon la " Légende dorée " ( l'histoire des saints ) le voisin de Nicolas, ruiné, envisageait de prostituer ses trois filles pour survivre.
En secret, Nicolas déposa alors trois bourses d'or que les jeunes filles trouvèrent le matin.
Saint Nicolas se dit " Santa Claus " en anglais.


Holocauste (entier+ brûlé) Shoah ( anéantissement), génocide (race+tuer): quelle nuance ?

 Le sachez tu !?

😮 Holocauste vient du grec ὁλόκαυστος (olókafstos) composé de ὅλος "entier" + καύστος, brûlé. En effet, les grecs croyaient que les Dieux, qui habitaient le ciel, se nourrissaient juste de l'odeur des offrandes, raison pour laquelle il fallait brûler entièrement l'animal sacrifié.
Le parfum, (littéralement "par la fumée") était la nourriture des Dieu, offerte lors de sacrifices propitiatoires, sacrifices destinée à rendre les Dieux "propices" et cléments.
Dans la tradition juive, le terme holocauste apparait également dans la Thora, pour désigner des sacrifice propitiatoires, comme par exemple le sacrifice que Noé fait à Dieu pour le remercier de l'avoir sauvé des eaux.
Holocauste prend le sens de massacre de Juifs et remplace le terme " génocide " surtout à la suite de la diffusion de " Holocauste ", série américaine diffusée en 1978 sur NBC et en 1979 sur Antenne 2.
Holocauste est le terme utilisé par les anglo-saxons.
Cependant, compte tenu de son sens initial de " sacrifice fait pour plaire à Dieu ", holocauste est considéré par les Juifs comme un grave contresens.
Depuis 1951, et à la suite d'une décision de la Knesset (parlement israélien), les juifs préfèrent le terme hébreu " Shoah " qui vient de la Thora et signifie " catastrophe, anéantissement ".
En France, à la suite de cette décision et surtout à la suite de la diffusion du film " Shoah " de Claude Lanzmann en 1985, ce terme supplante alors définitivement "holocauste" et supplante également le terme " génocide ", galvaudé par Brigitte Bardot parlant du massacre des bébés phoques.
Génocide vient du grec γένος, génos (race) et -cide du latin caedo (tuer).
Il faut noter que dans les camps, mourraient également les tziganes, les homosexuels, les témoins de Jéhova, prisonniers de droits communs, malades mentaux, etc...
En réalité, le terme français adéquat devrait être " judéocide " (génocide de personnes de confession juive), néologisme proposé en 1988 par l'historien juif Arno Joseph Mayer.
Selon Simone Veil : " Le fait même que chaque pays ait sa dénomination propre, Shoah en France, Holocaust aux États-Unis, Endlösung ou Vernichtung en Allemagne, prouve que les interrogations diffèrent selon les débats et les enjeux nationaux ".
Pour illustrer " sacrifice " ou " Holocauste ", voici " Le sacrifice d'Abraham " daté de 1603, oeuvre du Caravage (1571–1610) exposée à la Galerie des Office à Florence.
Ce grand tableau mesure 1,35 m de long par 1,04 m de haut.
L'ange de Dieu retient, in extremis, le bras d'Abraham sur le point d'immoler son fils unique qu'il a lié sur l'autel, et lui indique le bélier qui doit prendre sa place.
( Genèse) " L’ange dit : N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique ".
Il faut remarquer la bouche ouverte d'Isaac, qui semble hurler de terreur alors qu'il comprend que son père va l'égorger.
Tout finira bien puisque ( toujours selon la Genèse )
"Abraham leva les yeux et vit un bélier ( à droite sur le tableau ) retenu par les cornes dans un buisson.
Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils."
Si pour juif et chrétiens, le fils d'Abraham sauvé est commémoré lors de de l'agneau aux herbes mangé à " Pessah " et " Pâques " chrétienne, en revanche, pour la tradition musulmane, ce fils est Ismael, fils de la servante Agar et commémoré par un mouton, lors de l'Aïd El Kebir.
Cependant, ce nom n'est spécifié ni dans le Coran, ni dans les Haddiths.
Merci à Laurent qui m'a passé cette " commande " ! 😉
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samedi 5 décembre 2020

Escape Game, escapade, escampette, scampi... de ex cappa

 Le Sachez tu !? :O "Escape Game", le fameux jeu à la mode, où l'on doit s'échapper, vient en fait du français "escapade".

Escapade est issu du vieux français "eschapper", apparenté à re-scapé, et à l'occitan escamper, mais aussi à l'espagnol et au portugais "escapar", à l'italien scampare (scampi : qui s'échappe).
La racine commune de ces mots européens est le latin vulgaire "ex-cappare", (noter les deux p qu'on retrouve dans échapper) sortir de la cappe, ou se mettre à découvert, avec l'influence de ex-camparer, sortir du camp.

- Prendre la "poudre d'escampette" est une expression désuète signifiant disparaitre, s'enfuir, dé-camper (lever le camp) rapidement, en faisant, avec ses pieds, ses talons, de la poussière, de la poudre, sachant qu'il y a une influence de la notion de poudre magique, celle qui fait disparaitre (ou poudre de perlimpinpin comme dit le président).
Il faut noter également, que, dans une bataille, les réserves de poudre étaient à l'arrière, et, il arrivaient que ceux qui allaient chercher la poudre disparaissaient opportunément à l'arrière...
L'escarpe et la contrescarpe, (avec un R), sont, en revanche, dans une place fortifiée, les talus en terre bordant le fossé et se faisant face.
Escarpe, escarpé sont issus de l'italien scarpa, "talus", "talon", qui a donné aussi escarpin, petite mule à talon.

Pour illustrer " escape " voici un tableau de 1874 exposé à la Banque d'Espagne et intitulé :
"Escaping Criticisme" du père Borrell del Caso, peintre espagnol né à Puigcerdà le 13 décembre 1835 et mort le 18 mars 1910 à Barcelone.
Le titre espagnol complet est : Huyendo de la crítica una cosa que no puede ser o Muchacho huyendo de un cuadro : Fuyant la critique, une chose qui ne peut pas davantage exister qu'un garçon fuyant une peinture.

L'expression du jeune garçon, sur le point de s'échapper du cadre, du carcan, avec ses yeux écarquillés et sa bouche ouverte, exprime à la fois sa surprise inouïe devant sa libération possible et soudaine, et une vague peur du monde où il va prendre pied, un peu comme le père Borrell del Caso qui imagine à peine se libérer du monde de la critique.


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lundi 30 novembre 2020

Jeu royal d'Ur, citée mésopotamienne

 Le sachez tu !?

😮 Le jeu royal d'Ur est un des plus vieux jeux de société du monde et ce plateau de bois est exposé au British Museum.
Il est constitué de 24 cases, décorées de coquillages, cornaline et lapis Lazuli, provient des tombes royales mésopotamiennes de la citée d'Ur et date d'environ 2600 ans avant J.-C.
Ur s'appelle aujourd'hui Tell al-Muqayyar, la "colline de bitume", est se situe sur les rives de l'Euphrate, proche du golf persique, en Irak.
Ce jeux est l'ancêtre de notre " Tric-Trac" ( puis Jacquet et Baggamon) : chaque joueur doit faire passer de l'autre côté ses 7 jetons, noirs ou blancs, grâce à des dés.
Une tablette en écriture cunéiforme, datée d'environ 177 avant J.-C., également exposée au British museum, et écrite par le scribe Itti-Marduk-Balāṭu, permet de les reconstituer les règles du jeu.
D'autres jeux de société ont été retrouvés dans des tombes égyptiennes, datant de - 3000 avant J.C, comme le jeu de " Senet".
Les anciennes civilisations avaient tout prévu, y compris comment meubler agréablement, avec des jeux de hasard, l'attente hypothétique du jour de la résurrection, chacun sachant que l'infini, c'est long, surtout vers la fin... . 😉
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dimanche 29 novembre 2020

Kleber : Vous vous souvenez peut-être d'avoir vu, place Kleber à Strasbourg,


Kleber : Vous vous souvenez peut-être d'avoir vu, place Kleber à Strasbourg, la grande statue de ce général napoléonien... (Si Kleber n'évoque, pour vous, que des pneus, alors continuez à lire : cet article est pour vous... 😉 )
Jean-Baptiste Kléber est né au 8 rue de Fossé-des-Tanneurs à Strasbourg le 9 mars 1753 et il est mort tragiquement assassiné le 14 juin 1800 au Caire.
Cet ancien architecte s'engage dès 1792 dans l'armée du Rhin puis participe à l'écrasement des soulèvements vendéens.
En 1798, Napoléon le fait venir au Caire, et l'abandonne au commande de l'armée d'Egypte l'année suivante.
En 1800, Kleber doit négocier le retrait des troupes françaises face aux les Anglais.
Mais le 1er juin 1800, Soleyman el-Halaby, jeune étudiant religieux kurde syrien de 23 ans, déguisé en mendiant, s'approche de Kleber déguisé et lui plonge un poignard dans le cœur.
L'historien Claude Déprez relate ainsi le supplice inhumain auquel Soleiman est condamné par l'armée française :
« L'homme fut condamné, par le conseil de guerre français, à avoir les poings brûlés puis à être empalé vif. Le bourreau Barthèlemy coucha sur le ventre Soliman, tira un couteau de sa poche, lui fit au fondement une large incision, en approcha le bout de son pal et l'enfonça à coups de maillet. Puis il lia les bras et les jambes du patient, l'éleva en l'air et fixa le pal dans un trou préparé. Soliman vécut encore durant quatre heures, et il eût vécu plus si, durant l'absence de Barthèlemy un soldat ne lui eut donné à boire : à l'instant même il expira. »
Le poignard, ramené par le secrétaire de Kleber, est exposé au Musée des beaux-arts de Carcassonne.
Les cendres de Kleber auront, elles, beaucoup voyagé : d'abord inhumée au fort Ibrahim-Bey au Caire, sa dépouille est ensuite ramenée au château d'If jusqu'en 1814, puis transférée dans la cathédrale de Strasbourg jusqu'en 1818, puis transférée dans un caveau en 1838 sur la Place qui prend son nom, puis déplacée au cimetière de Kronenbourg entre 1940 et 1945 par les allemands, avant de réintégrer le socle de la statue...
Bien tragique retour d'un bien tragique voyage...
Assassinat de Kléber, huile sur toile, atelier d’Antoine-Jean Gros, vers 1820, Musée historique de Strasbourg.
A l'arrière plan, dans l'ombre, Soleyman el-Halaby en habit oriental se défend, pendant que Kleber expire.
Le sabre français préfigure le terrible supplice qui va punir l'assassin.

samedi 28 novembre 2020

"Pastis 51" : pastis signifie "mélange" en occitan, 51 est l'année

 Le sachez tu !?

😮 "Pastis 51" : pastis signifie "mélange" en occitan, 51 est l'année de l'autorisation de fabrication et non le degré d'alcool comme on peut le croire.
L'histoire de cet apéritif (du latin apero, j'ouvre, - l'appétit, ou le repas-) est liée à celle de l'absinthe.
En 1798, un courtier en dentelle de Neuchâtel, Daniel Dubied, ouvre avec son gendre, Henri-Louis Pernod, fils d'un bouilleur de cru, une distillerie où l'on fabrique un alcool à base d'anis et de fenouil macérés.
Mais en 1805, Henri-Louis Pernod, en désaccord avec son beau-père, monte sa propre distillerie à Pontarlier : "Pernod Fils" devient la première marque de spiritueux français.
En 1882, Jules Pernod, qui n'a aucun lien de parenté mais profite de l'homonymie, transforme sa société avignonnaise d'engrais en fabrication d'absinthe.
Accusée, à juste titre, de provoquer des convulsions, l'absinthe est interdite en Suisse de 1910 à 2005 et en France de 1915 à 2011.
Succédant à son père, en 1916, Jules-Félix fonde en 1918 la marque Anis Pernod avec un pastis à base d'anis étoilé, fenouil, et reglisse.
Juste retour de bâton, la société Pernod de Pontarlier se met, elle aussi, à produire un pastis, sous la marque Pernod : après procès, les deux sociétés finiront par fusionner en 1928 (sans doute autour d'un verre) quelques mois avant le décès de Jules Felix Pernod.
Le pastis est lui même interdit entre 1940 et 1951, et en 1975, Pernod rachète un concurrent : Ricard de Marseille, devenant le groupe mondial Pernod Ricard.
Les Français consomment 130 millions de litres de pastis par an, soit 2 litres par personne par an (en comptant les femmes et les enfants, c'est à dire que certains doivent en boire davantage ! ).
Pour illustrer absinthe et pastis, voici trois œuvres de
Jean-François Raffaëlli (1850-1924), qui a peint de nombreux tableaux mettant en scène des ouvriers;
la première est : Les Buveurs d'Absinthe ou Les Déclassés de 1881
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