Le sachez tu !? :o Chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

Le sachez tu !? :o Petite chronique étymologique et culturelle par Laurence Chalon

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lundi 21 septembre 2020

Paquebot vient de l'anglais "packet boat"

 Le sachez tu !?

😮

Paquebot vient de l'anglais "packet boat" qui désignait au XVIII° les bateaux transportant des paquets entre l'Angleterre et ses colonies.
A noter que "paquet" vient du moyen français pacque ''ballot d'étoffe", lui même issu de l'anglais pack.
Au XVIIIe siècle les packet boats furent mis en service sur Atlantique entre la Grande-Bretagne et ses colonies.
Puis les packed boats à vapeur fut utilisés pour naviguer sur le Mississippi et le Missouri.
The Eclipse paddlewheel riverboat loading cotton on the banks of the Mississippi (Le bateau à aubes Eclipse chargeant du coton sur les rives du Mississippi)
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dimanche 30 août 2020

 Le sachez tu !? 😮 Les bottes de sept lieues étaient au XVII° les bottes utilisées par les postillons qui conduisaient les diligences, et chargés de transporter le courrier.

En effet, les relais de poste étaient distants d’environ sept lieues.
Mais ces "postes", distances entre deux relais, variaient en moyenne de 16 à 30 kilomètres selon les régions.
Rigides, fixées à la monture, ces bottes permettaient une protection des jambes en cas de chute. Elles étaient renforcées de fer pour empêcher les fractures.
L'ogre chaussé de bottes magiques de sept lieues de Gustave Doré.
Gustave Doré, né en 1832 rue de la Nuée-Bleue à Strasbourg, est le fils d'un ingénieur né à Coblentz. Gustave eu deux frères : Ernest, né à Épinal en 1830, compositeur et employé de banque et Émile futur général.
Gustave Doré avait un lien fort avec sa mère qui le qualifia de génie. Ce soutien était moins partagé par son père qui le destinait à l'École Polytechnique.
Gustave mourut en 1883 dans son hôtel de la rue Saint-Dominique, à Paris.
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 Le sachez tu !? 😮 Excès : certains ont un moment d'hésitation avant de mettre le x avant le c, il suffit de se souvenir que "excès", et "excéder", viennent du latin ex cederer " faire sortir".

Cederer a donné : céder, (aban)donner
De même "exciter", vient de excitarer, de ex + citarer qui signifie aussi "sortir de" ( ses gonds !? 😉 ).
Jan Steen - Repas de famille, Musée du Louvre
Une peinture représentant tous les excès !
Ecoutez ce tableau : quel bruit, quelle cacophonie, que de débordements ! ça braille, ça crie, ça chante, ça hurle, ça boit, ça rit... 😉
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jeudi 20 août 2020

L'absinthe pemet de trouver les sources de la Loue

 Le sachez tu !? 😮 Quand l'hydronymie emprunte les chemins de traverse de "l'alcoolographie", ou un fait divers apéritif au service des connaissances hydrologiques :

Le dimanche 11 août 1901 à midi, un violent orage s'abat sur Pontarlier et à 12h 20 la foudre frappe le dôme central de l'usine Pernod.
L'incendie est instantané.
l'absinthe stockée en grande quantité risque de provoquer des explosions et l'incendie risque de se propager dans Pontarlier.
Un employé de l'usine décide de vider les cuves d'alcool et d'absinthe dans le Doubs pour éviter qu'elles n'explosent.
On raconte que des personnes remplissaient des bouteilles et que des soldats en garnison à Pontarlier emplissaient leur casque de ce apéritif improvisé.
Deux jours plus tard, la Loue à sa source prend une teinte verte et dégage l'odeur caractéristique de l'absinthe, mettant ainsi en évidence que la Loue n'est qu'une résurgence du Doubs.
La vérification scientifique de cette hypothèse sera faite quelques années plus tard à l'aide d'un colorant spécifique.
En 1903, une nouvelle usine Pernod plus moderne sera construite.
Mais, nouveau revers l'absinthe sera interdite !
L'absinthe, boisson sulfureuse rendue célèbre par des artistes du XIXe siècle tels que Van Gogh ou Verlaine, fut interdite car elle était accusée de "rendre fou": aujourd'hui, la "Fée verte" connaît une nouvelle vie.
Dans l'esprit des Français, "l'absinthe est encore la boisson interdite qui rend fou: il y aura toujours un mystère autour de cette boisson", prédit Fabrice Herard, organisateur des Absinthiades de Pontarlier (Doubs), une manifestation dédiée à l'absinthe.
Muse du peintre Van Gogh et du poète Verlaine dont Émile Zola a décrit les ravages dans "L'Assommoir", l'absinthe est la boisson des artistes du XIXe siècle.
Mais dans les années 1900, cet alcool distillé né en Suisse au XVIII ème siècle et tirant entre 45 et 72 degrés est accusée de provoquer de graves dégâts cérébraux, en raison de l'une des molécules de la plante d'absinthe, la thuyone. Le 16 mars 1915, l'absinthe est interdite en France.
"L'absinthe rendait fou parce que les gens en consommaient trop et à un degré trop fort", estime François Guy, propriétaire de la distillerie du même nom, crée en 1890 par son grand-père à Pontarlier (Doubs).
"Aujourd'hui, des études montrent que la thuyone n'est pas néfaste, les effets pervers de l'absinthe étaient dus à l'alcool", souligne-t-il.
L'interdiction de la "Fée verte" provoque une catastrophe économique sur le secteur de Pontarlier, capitale française de ce spiritueux anisé.
Dans les années 1900, cette petite ville située près de la Suisse compte 23 distilleries et 111 bistrots. Les distilleries font travailler près de 3.000 personnes et produisent plus de 10 millions de litres livrés au monde entier.
"À l'époque, 80% de l'activité de la ville dépendait de la production d'absinthe et pratiquement personne n'est arrivé à se reconvertir", explique François Guy.
En 1988, l'absinthe est de nouveau autorisée en France mais uniquement sous l'appellation "spiritueux à base de plantes d'absinthe", avec un taux de thuyone limité à 35 mg/L.

mercredi 15 juillet 2020


Le sachez tu !? 😮 Esperluette : voici une commande qui m'a été passée (merci à celle qui se reconnaîtra !). Il s'agit de ce signe "&" mis pour un "et" où le E et le T sont ligaturés, appelé également "et commercial" car on le retrouve dans les marques, surtout en anglais ( Marks & Spencer...).
Plusieurs pistes se dégagent, comme souvent, pour l'histoire de ce signe que l'on retrouve sur des manuscrits anciens :
- 1) En occitan on l'appelait : "es-per-lou-et" 😊 c’est-pour-le-et).
- 2) Une autre piste serait le mot latin sphaerula (petite sphère),
Ce logogramme aurait été inventé soit :
par Marcus Tullius Tiro, esclave affranchi et secrétaire de Cicéron au 1er siècle avant J.-C., qui aurait inventé un système de 1 100 signes dits « notes tironiennes » pour transcrire les discours de Cicéron, soit
par Alde Manuce, un imprimeur vénitien (1449-1515).
En anglais, de même, esperluette se dit "Ampersand" ce qui donne, décomposé : "and-per-se-and", c'est-à-dire : "et à lui tout seul".
L'esperluette était jusqu'à la fin du XXI° siècle la 27 ième lettre de l'alphabet et les élèves la prononçaient "ète".
Enfin, pour ma part, je me plairais à imaginer que cette petite forme ronde, au fond de la bouche, y est aussi pour quelque chose : la "luette", qui vient du du vieux français uette, lui-même issu du bas latin uvitta petit grain de raisin, diminutif de uva, raisin....
Qui sait !? 😉
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mardi 14 juillet 2020

Walter Scott (1771-1832), versus Alexandre Dumas (1802-1870) : deux auteurs littéraires, mondialement célèbres pour leurs romans historiques et pratiquement contemporains.
Mais lequel des deux a commencé à "violer l'histoire afin de lui faire de beaux enfants" selon l'expression imagée, (et imaginée ! 🙂 ) d'Alexandre Dumas, à propos des "Trois Mousquetaires", dont les personnages ont tous réellement existé, mais les aventures sont inventées ?
Dumas, né 31 ans après Scott, commence sa carrière par l'adaptation au théâtre, en 1822, d'une pièce : "Ivanhoé", parue 10 ans plus tôt en 1819 en Angleterre et signée d'un certain Walter Scott....
On dira aujourd'hui que ces deux écrivains ont inventé un genre littéraire grand public, nouveau à l'époque appelé aujourd'hui : " histo-tainment", anglicisme et néologisme désignant des fictions ayant pour cadre des faits historiques, où personnages réels et imaginaires se côtoient..(comme les enquêtes de N. Le Floch).
Mais Dumas a incontestablement été influencé par l'oeuvre de Scott : Dumas a 30 ans lorsque Scott décède et il lui survivra 38 ans.
Sir Walter Scott en 1822 peint par Sir Henry Raeburn (1756–1823) exposé au National Galleries of Scotland à Edinburgh.
Alexandre Dumas en 1855 par William Henry Powell (1823–1879)
exposé au Smithsonian American Art Museum de
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Le sachez tu !? 😮 Quel est le point commun entre un "péril" et une "expérience" ?
Péril, comme le substantif latin periculum, "petite expérience", dérivent du verbe périor "expérimenter", lui même issu de l’indo-européen "per" peril.
Expérience vient aussi du verbe latin perior avec le préfixe ex- (hors de) et apparenté au grec πεῖρα, peira (expérience) apparenté au verbe πείρω, peírô (traverser), même racine que περί, perí ( autour).
En d'autre termes, une expérience passe toujours auparavant par un péril, c'est ce qui résulte d'une prise de risque et quand on a fait le tour (péri) de ses expériences, on a "traversé", on est re ssorti "ex pério" de l'épreuve initiatique...
C'est, du moins, ce que suggère l'étymologie.. 🙂
Rien à voir, donc, avec la péritonite, composée de περί, perí (autour) et τοναῖος, tonaîos (tendu), quoique cela peut être une très mauvaise expérience ! 🙂
Edmund Blair Leighton (1852–1922)
In Time of Peril ( Au temps des Perils)
1897
huile sur toile
1,24 m x 1,68m
Auckland Art Gallery
Dans ce tableau, Edmund Blair décrit une scène romanesque d'un Moyen Age rêvé : la riche famille dun chevalier vient se réfugier, par bateau, dans un monastère, au petit matin.
On perçoit l'anxiété (regard vers l'arrière de l'enfant blond, bras du père sur la jeune maman portant son enfant), mais tout se passe sans bruit ( eau calme et rosée du petit jour), pas de geste brusques, pas de bouche semblant parler...
Le moine ouvre la porte avec précaution : le havre est à porté de rame. La barque est chargée de coffres, bijoux, étoffes et fourrures précieuses : tout ce que cette famille a pu emporter...
Sans doute un Prince menacé de mort pour une succession...
L'inspiration de Edmund Blair est sans doute venue d'un des nombreux romans de Sir Walter Scott " The Monastery" paru en 1820, où un anglais protestant vient trouver refuge dans un monastère ...
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